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n°24  |  Mars   2008
Parole d'expert

Repenser l’interface utilisateur à l’heure du Web 2.0
Par Georges Hiraclidès, Directeur de projets, Bull

Georges Hiraclidès est Directeur de projets et responsable chez Bull de l’offre Poste de travail. En 1989, il participe au développement du radiotéléphone embarqué à bord du TGV Atlantique. Par la suite il travaille sur des domaines tels que les logiciels d’analyse de performance de grands systèmes, les Systèmes d’Information Géographique ou encore les systèmes multimédias. En 1996, il conçoit la démarche Graal , qu’il mettra notamment en œuvre en tant que Directeur technique d’Integra Project Services, start-up Internet.

 

La prise en compte du facteur humain dans le processus de développement de systèmes interactifs n’a pas toujours reçu l’attention qu'elle méritait. Pourtant, l’interface homme-machine joue un rôle clé dans la réussite des projets en conditionnant la conduite du changement et l’appropriation de l’outil. De plus, au-delà des aspects d’ergonomie, elle contribue, pour une large part, à la productivité des utilisateurs. J’ai pour souvenir un projet où l’analyse de l’activité de l’utilisateur a permis de gagner près d’un homme/an de productivité, en modifiant une simple navigation par menu et boite de dialogue en un accès rapide par raccourcis.
Aujourd’hui, les nouvelles possibilités ergonomiques et graphiques des technologies Web 2.0 permettent l’adéquation de l’IHM aux besoins des utilisateurs, aux couches applicatives sous-jacentes et aux impératifs de productivité. Pour cela, la refonte de l’interface utilisateur doit être traitée comme un véritable projet, notamment en s’appuyant sur une méthodologie spécifique, comme Graal, et en subordonnant le choix des technologies à l’architecture de la solution et aux exigences métier.


L’évolution des technologies a toujours été visible au niveau du poste de travail. Depuis les écrans texte de l’époque des mainframes jusqu’aux interfaces « client riche » (dites « Web 2.0 ») actuelles, les utilisateurs ont connu bien des présentations.
Parfois, les progrès des architectures applicatives leur ont été bénéfiques, comme à l’époque du client lourd, qui, donnant plus de capacités et d’indépendance au poste de travail, leur offrait des possibilités et un confort accrus.
Parfois, ils ont été quelque peu sacrifiés, par exemple avec le client léger « Web 1.0 » dont la généralisation s’est souvent accompagnée de significatives régressions ergonomiques. Seules les demandes des services Marketing incitaient à favoriser des pages d’accueil attrayantes (technologie flash), mais elles occultaient totalement les attentes des utilisateurs. Demandez vous combien de fois il vous a fallu cliquer sur « Skip intro », si « flashy » mais si éloigné de l’attente ergonomique des internautes ! Non seulement le poste client avait perdu en autonomie, mais la présentation des applications ne constituaient pas, aux premiers temps du Web qualifiés aujourd’hui de Web1.0, des champs d’investigation technologiques et ne faisaient pas l’objet d’initiatives réellement innovantes.

Au même titre que le test, le développement des interfaces était devenu le parent pauvre des projets informatiques. Pour toutes ces raisons, de nombreuses organisations ont préféré maintenir en place des architectures « client lourd », moins élégantes, parfois moins performantes et surtout plus consommatrices en ressource systèmes, mais beaucoup mieux adaptées aux exigences de productivité et d’ergonomie.
Or, aujourd’hui, on commence à mesurer les conséquences de cette négligence : formation coûteuse, conduite du changement difficile, prise en main incomplète des outils, développement de mauvais réflexes ou de pratiques parallèles, erreurs de manipulation, imprudences, gains de productivité en deçà des espérances…

Un facteur essentiel de la réussite des projets
Dans toutes les organisations, publiques ou privées, les enjeux de rationalisation, de flexibilité et d’adaptation des systèmes d’information ont conduit à mettre en chantier des projets de refontes applicatives. De fait, le déploiement de nouvelles applications représente un enjeu très lourd, en raison de la taille, de l’éclatement géographique, et des impératifs de productivité des établissements publics ou des entreprises en question. De plus en plus, il apparaît que la qualité de l’interface utilisateur est un facteur clé de l’appropriation complète et rapide des outils par les utilisateurs et donc de la réussite des projets. Aussi voit-on des directions informatiques prendre la décision qui s’impose : traiter la problématique de l’interface homme-machine comme un projet à part entière, soit en sous-projet à l’occasion d’un développement applicatif, soit dans une démarche indépendante de rénovation des interfaces.

Cependant, l’état actuel des technologies n’est pas non plus étranger à ce regain d’intérêt pour l’interface utilisateur. En effet, les outils Web 2.0 réunissent toutes les qualités pour permettre d’atteindre l’ensemble des objectifs d’une refonte d’interface : améliorer la productivité et l’autonomie des utilisateurs grâce à une meilleure ergonomie, donner en interne l’image d’une informatique moderne, réduire les coûts de développement, de déploiement et de maintenance et enfin capitaliser sur les systèmes existants. Et même s’ils ne constituent pas toujours la réponse la plus pertinente en termes d’interface, ils ont le mérite de susciter la réflexion sur le sujet.

Un véritable projet
Dès lors qu’un véritable projet de design de l’interface utilisateur est lancé, il doit être soumis aux mêmes règles que celles existantes pour la partie applicative, c’est-à-dire en s’appuyant sur une méthode, qui permettra de recueillir et d’exprimer le besoin, puis d’élaborer l’architecture de la solution et enfin de choisir les outils nécessaires à sa réalisation dans le cadre de processus industrialisés.
Chez Bull, on emploie sur ce type de projets la méthodologie Graal. Sa démarche consiste à analyser la tâche qui sera demandée à l’utilisateur (tâche prescrite), puis à la décomposer en un scénario (la dynamique du dialogue homme-machine) qui permettra d’une part de définir les interfaces les mieux adaptées à son déroulement et d’autre part les interactions nécessaires avec les couches applicatives. Ainsi, en partant du besoin métier, on est en mesure de bâtir une interface qui correspond aux attentes, aux contraintes et aux façons de travailler des utilisateurs, sans pour autant remettre complètement en cause les processus applicatifs sous-jacents. La méthode Graal permet en effet de travailler au plus proche de l’utilisateur, tout en industrialisant le processus de conception. De plus, elle donne rapidement des résultats à présenter aux interlocuteurs « métiers », avec une réelle valeur ajoutée en matière d’ergonomie.

Une architecture SOA au profit des solutions d’IHM
Le modèle ARCH, qui constitue le modèle d’architecture de nos solutions IHM, permet de mettre en oeuvre l’analyse des besoins utilisateurs. Il est constitué d’un composant de présentation (la partie visible), d’un composant adaptateur de présentation (qui gère les événements relatifs aux actions de l’utilisateur sur la présentation), d’un composant de dialogue (qui implémente la dynamique du dialogue entre l’homme et la machine) et enfin de l’interface applicative depuis laquelle vont être invoqués les services applicatifs nécessaires aux fonctionnement de l’IHM.
La possibilité de découpler ainsi l’interface des couches fonctionnelles, et donc de distinguer nettement logique utilisateur et logique applicative, est notamment facilitée par la souplesse et la modularité qu’offrent les SOA.

Les technologies au service du besoin utilisateur
Cette architecture permet de choisir les outils nécessaires à la mise en œuvre. Malheureusement, on constate que la mode prévaut encore trop souvent sur l’évaluation de la pertinence de la technologie. La variété des outils Web 2.0, l’étendue de leurs possibilités, mais aussi leurs limites actuelles doivent cependant inciter au discernement.
On peut en recenser trois types principaux : les WebOS , les RIA (Rich Internet Application) et les RDA (Rich Desktop Application).

Les WebOS reproduisent dans un navigateur Web un environnement de travail traditionnel, ce qui peut faciliter la gestion du changement. L’administration (montée de version, sécurité…) est centralisée, donc simplifiée, mais les retours d’expérience sont encore peu nombreux.
Les RIA, tels qu’Ajax ou Smart Client (Flex , Silverlight,…), enrichissent considérablement les possibilités graphiques et ergonomiques des applications Web, mais encore faut-il les utiliser à bon escient. Entre les difficultés du développement Ajax, peu outillé, et les contraintes de Smart Client, qui s’appuie la plupart du temps sur des langages propriétaires, le choix d’un RIA nécessite un bon niveau d’expertise. Nous pensons qu’Ajax et le concept amené par Google qu’est GWT (Google Web Toolkit), constitue une cible privilégiée.
Enfin, les RDA fonctionnent sans navigateur, ce qui leur confère souplesse, puissance et la possibilité de travailler off-line, mais induit le besoin d’un environnement d’exécution, souvent propriétaire.

Pour choisir la meilleure option technique, il faut non seulement se référer à l’architecture de la solution préalablement définie, mais aussi prendre en compte la nature et l’usage de l’application. S’agit-il d’un outil à usage interne ou B2B – auquel cas les utilisateurs et leurs habitudes sont connus et une formation est envisageable – ou bien d’une application B2C, qui doit rester intuitive et ne rien imposer ? S’agit-il d’un outil transactionnel, décisionnel, collaboratif ? Quelle charge et quelles performances en attend-on ? Comment est-il appelé à évoluer ? Se pencher sur ces questions est indispensable avant d’arrêter un choix technologique.

Vers une approche MDA
L’idéal – et c’est la prochaine étape – serait alors de passer directement de l’architecture de la solution au code en le générant automatiquement par une approche MDA (Model Driven Architecture), par exemple via NovaForge™, la plate-forme de développement industrialisée Open Source de Bull. Pour éviter l’écueil des « générateurs d’écrans », il conviendra de s’appuyer sur une bibliothèque de composants graphiques, enrichie au fil des projets, et sur des principes généraux d’ergonomie. Ceux-ci ajoutent à la charte graphique des règles d’usage communes et immuables (types de champs utilisés, raccourcis clavier, organisation des écrans, mode de navigation…) qui facilitent la prise en main des utilisateurs et permettent d’unifier les interfaces à l’échelle de l’application, voire de l’entreprise.

On le voit : des questions d’ergonomie, on glisse inévitablement vers des considérations métier, puis techniques. Toute la difficulté d’une démarche de refonte d’interface utilisateur consiste donc à associer ergonomes et informaticiens. C’est la raison pour laquelle Bull a créé une équipe pluridisciplinaire capable, en s’appuyant sur la méthode Graal, d’élaborer des solutions répondant à la fois aux besoins des utilisateurs qui recherchent un outil adapté à leurs usages, des maîtrises d’ouvrage qui souhaitent améliorer la productivité tout en maîtrisant le changement, et des DSI engagées dans une démarche de rationalisation des systèmes et de valorisation des investissements antérieurs.

Pour en savoir plus : Mornings du libre - Paris, 18 mars
Web 2.0 : RIA-RDA, Ajax-Flex, comment choisir ?

1 Ou interface homme machine (IHM).
2 Graal, en quête d’une démarche de développement d’interface utilisateur, édition Angkor 1996.
3
(Client riche : technologie permettant l’affichage d’interface utilisateur avec une ergonomie identique à celle que l’on trouve dans les logiciels de bureau.
4 WebOS : littéralement système d’exploitation basé sur les technologies Web 2.0. Les WebOS reproduisent un système d’exploitation distant, accessible à partir d’un navigateur Web.
5 RIA : Rich Internet Application. Terme générique désignant les technologies permettant de construire des interfaces pour les clients riches et nécessitant un navigateur Web pour fonctionner.
6 RDA: Rich Desktop Application. Terme générique désignant les technologies permettant de construire des interfaces pour les clients riches, mais ne nécessitant pas de navigateur.
7 Ajax: Asynchronous JavaScript And XML. Ajax est une technique d'utilisation des langages (x)HTML, JavaScript DOM, XML, XSLT et de l'objet XMLHttpRequest.
8 Smart Client: Regroupement des technologies RIA différentes d’Ajax. On y trouve notamment Flex (Adobe), Silverlight (Microsoft) et JavaFX (Sun).
9 GWT: Google Web Toolkit. Boîte à outil permettant de développer des interfaces riches en Java et de les transformer, par l’intermédiaire d’un compilateur, dans des technologies Ajax.


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